PIERRE BOULEZ

Rendez-vous : Répons de Pierre Boulez, 11 juin

Pour certains, c’est l’éminence grise qui tire depuis plus de cinquante ans les ficelles de la scène contemporaine française – voire de la scène musicale française dans son entier. Pour d’autres, plus vindicatifs encore, ce serait le gourou d’une secte. D’autres enfin en parlent comme d’un mentor unique en son genre.

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Pierre Boulez © Jean Radel

 

Dans tous les cas, tout le monde s’accordera pour dire que Pierre Boulez laisse sur le monde musical, une empreinte vaste et indélébile, qui ne peut laisser indifférent. Au reste, son empreinte dépasse de loin son seul catalogue, au demeurant assez réduit. À l’instar des grands maîtres des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, son grand œuvre touche également à l’interprétation – il est d’ailleurs plus connu à l’international en tant que chef d’orchestre que compositeur, et a remporté pas moins de 26 Grammy Awards outre-Atlantique pour ses enregistrements de Mahler, Debussy, Stravinsky ou la deuxième École de Vienne –, à la pédagogie – combien de compositeurs se réclament de son enseignement ? Combien de musiciens ont bénéficié, d’une manière ou d’une autre, de son soutien et de ses diverses initiatives pédagogiques ? –, jusqu’à l’institutionnel – il laisse à la France des outils uniques en leur genre, à commencer par l’Ircam et l’Ensemble intercontemporain ; quant à la Philharmonie de Paris, elle vient à son tour exaucer l’un des souhaits les plus chers du maître : avoir enfin une salle de concert qui ne se réduise pas à un restaurant ouvert uniquement de 20h à 22h, une salle ouverte, un lieu de vie, « un Centre Pompidou de la musique ».

L’œuvre strictement compositionnelle de Pierre Boulez n’est toutefois pas négligeable, très loin de là. Si elle compte moins d’une cinquantaine d’œuvres, c’est que l’artiste écrit lentement, minutieusement – si sa musique peut parfois donner le sentiment de folles improvisations, en réalité chaque note a sa place, soigneusement pesée et dosée : elle n’est jamais là par hasard, elle n’est jamais de trop. Boulez compositeur aime aussi remettre un même ouvrage sur le métier, inlassablement : avec lui, une partition est toujours déjà inachevée. À la pointe de l’avant-garde de l’après-guerre, chacun de ses opus ou presque représente un jalon dans l’histoire de la musique, du Marteau sans maître d’après René Char à Sur Incises, en passant par Pli selon Pli (Portrait de Mallarmé), …explosante-fixe…, Dialogue de l’ombre double, sans parler de l’incontournable Répons.

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