CHRISTINA BRANCO

Rendez-vous : Fado errático, 6 juin

Ce n’est qu’à l’âge de dix-huit ans que Cristina Branco découvre son destin. Jusque-là, elle s’intéresse surtout au jazz, au blues ou à la bossa nova ainsi qu’à d’autres formes de musiques actuelles, et rien dans sa vie ou ses études ne trahit un quelconque futur dans la musique ou dans le chant. Mais un disque d’Amália Rodrigues offert par son grand-père l’ouvre d’un coup au fado et à son univers d’émotions, de menores, mourarias ou maiores.

« Résumer treize disques est une tâche ingrate pour qui tient le chant, la scène, la vie pour un vertige, écrit-elle. Évaluer tant d’années de travail est une tâche difficile, du passé il ne me reste que des bribes, des moments, des périodes d’apprentissage, un certain nombre de joies, d’innombrables souvenirs, la gratitude envers ceux qui ont crié mon nom, un immense amour et respect pour ceux qui espèrent patiemment en moi. Jamais je ne reviendrais en arrière, et je l’avoue sans pudeur sachant combien il fut difficile de tout réécouter et de percevoir dans la limpidité des années ce que la vie m’a donné et volé dans un même mouvement. J’aime ce parcours, et surtout ma véhémence à ne pas ajouter une virgule à mon projet de vie. Les musiques qui défilent ici sont des portraits de l’époque que je vivais alors et de mon état d’âme. Ce que j’ai voulu chanter (ce qui a toujours été une position très respectée), mené et tissé avec un fragile fil de soie par des hommes et quelques femmes qui me comprennent, a été (est) mon histoire et j’en aurai encore plus à raconter. »

Christina Branco © Augusto Brazio

Christina Branco © Augusto Brazio

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